La Pièce des Tombeaux (éditions Pays et Terroirs, 2012)

 

La pièce des tombeaux, c'est le nom donné par certains anciens habitants de Luxé (canton d'Aigre) à un champ situé près de l'hippodrome. Dans ce lieu, on savait depuis toujours que, si l'on labourait un peu profond, la charrue accrochait des pierres, des ossements, voire des restes de sarcophages. Il y avait là les restes d'un cimetière. De quelle période? On ne savait pas trop : c'était "dans les temps"...On laissait ces vieux morts en repos, on méditait sur la vanité du monde, et on poursuivait son labour.
Le chantier de la LGV (Ligne à Grande Vitesse Paris-Bordeaux) a tout changé. On sait maintenant que ce cimetière, fort important, fut mérovingien ou carolingien. On le sait.... Mais on l'a détruit. Comme on a détruit, toujours sur Luxé, les vestiges d'une villa gallo-romaine (photo de couverture). Comme on a détruit tant d'autres vestiges, sans doute. Etait-ce bien nécessaire?
    
D'un côté, quelques quarts d'heure "gagnés" (gagnés sur quoi?); de l'autre, des trésors archéologiques dispersés, des riverains déboussolés, des chemins coupés, des souvenirs perdus. On nous dit, pourtant, qu'il serait urgent de nous arrêter, de reconsidérer les enjeux du monde moderne, ce Moloch qui détruit l'homme et la nature sous couleur de progrès. Le progrès n'est pas synonyme d'évolution; l'évolution, certes, peut s'appeler progrès, mais aussi régression. J'ai peur, parfois, du modèle sans âme qu'on nous propose, en ce XXIème siècle inquiétant qui bétonne à tout va.

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