Chemin en mode de ré (éditions Amalthée, 2009)

Non, il ne s'agit pas d'un roman sur l'île de Ré, comme on le croit souvent ! Mais d'une méditation sur la marche du temps, et sur son antidote : la musique (ici le chant choral) qui peut donner un sens à la vie, quand la vie nous échappe.

Le mode de ré, c'est l'un de ces vieux modes médiévaux que j'ai découverts sur le chemin de Compostelle, et que j'évoque dans l'extrait suivant :


"La musique classique a été abusive, elle a installé les deux gammes, la majeure et la mineure, et nous a privés de ces petites notes miraculeuses, pèlerines d'un autre temps où d'autres chemins étaient possibles. Ce que nous attendons, dans une gamme de fa majeur, c'est un si bémol; pourtant, la note qui éclôt, surprise et ravie, c'est le si naturel. C'est cet effet de surprise qui rend cette note si jolie", a dit Aude. (...) Elle a ajouté : "Avec le Laudemus, nous sommes dans le mode de ré. C'est celui que je préfère: il est juste assez majeur pour sourire, et juste assez mineur pour pleurer".

Rassurons-nous: il n'est pas nécessaire, pour lire ce roman, d'avoir une licence de musicologie - que je ne possède d'ailleurs pas. Il suffit de savoir que pour moi, le mode de ré, comme le chemin de Compostelle, est une métaphore de la vie. Quand Alzheimer s'installe, quand menacent la vieillesse et la mort des proches, on ne peut pas s'en sortir tout seul.


Heureusement, il y a le chant, et l'amitié. Ce texte, issu de souvenirs personnels et de témoignages revisités, est un hommage à tous les passeurs de lumière, artistes ou artisans exigeants, qui, dans leur recherche obstinée de la beauté, nous révèlent à nous-mêmes et nous aident à affronter l'inéluctable.